Aute Breizh

14 août 2000

Avant propos...

Avant même de partir, l'idée de ce journal de bord me tenait beaucoup à coeur... Pensez donc, partir aux antipodes, tout laisser, parents, amis, maison... Pour ceux-là, et pour nous plus tard, il me fallait garder une trace de cette opportunité de découvrir ce nouveau monde !

Ce petit pincement au ventre, cette excitation anxieuse du voyageur partant vers cet inconnu pourtant déjà enivrant... Comme une attirance fébrile anihilant la moindre réticence...!

Et puis les îles, c'est toujours unique, on largue les soucis sur le quai, et on part libre ! Les îles, en Bretagne, ça nous connait...

C'est donc avec cette avide curiosité infantile que je l'ai commencé.

58316370 - Copie (2)

2 ans plus tard, je l'achevais avec beaucoup d'émotion...

Partis à trois, nous revenions à quatre, avec notre deuxième enfant, Pierre Tamatoa.

Je crois pouvoir dire que nous avons passé là-bas une partie de nos plus belles années ;

deux années de vie normale et simple, au fond, mais où, à l'image des tropiques,

tout prend des proportions beaucoup plus importantes : que ce soit la végétation,

les couleurs, la langueur, ou bien le sens de la fête et la simplicité si reposante du polynésien...

Tout surprend et charme à la fois le « popa (le blanc)», qui ne sait plus vraiment s’enrichir de ces petites choses…

Les difficultés de la vie sont moins « entêtantes » qu’en métropole, on les relativise bien plus …

Mais pour autant, tout n’est pas si simple au soleil : attention de ne pas manquer de sérieux face aux choses graves.

A trop se laisser couler dans la facilité, chacun ne fait plus forcément d'effort envers l'autre, perd cette endurance nécessaire, et nombres

de nos congénères métropolitains ont vu leur couple exploser en quelques mois de ce "régime", pour peu  que quelques fissures aient déjà

insidieusement fragilisé leur relation... C'est le risque de tout "expat"...

Certes, « la misère est moins pénible au soleil », mais ce séjour en Polynésie ne fut pas tant des vacances qu’une grande et belle leçon de

vie, au contact de ce pays et de son jardin d’Eden…

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15 août 2000

Chronique d'un "voyage serein* " ou Mon premier vol en avion...

(*dixit le dépliant de la compagnie aérienne…)

 Le départ…

Patrick, mon mari militaire, est parti depuis 15 jours déjà. Je me prépare au voyage, chez mon père, à Brest, *pointe les bagages, les pèse et repèse 40 fois, n’ayant droit pour Erwan notre fils aîné de 15 mois à aucun sac, ni en soute ni en cabine…

Les compagnies aériennes n’étant pas vraiment philanthropes et encore moins familiales, je dois me débrouiller pour avoir tout ce qu’il faut pour le petit pendant ces 24 heures, à portée de main, donc en mettant tout cela sur mes bagages, ce qui ne me laisse plus de place pour mes propres affaires !

Nous partons en train avec Papa pour Paris, chez La Grand-mère qui nous prête son appartement pour la veille du départ ; je laisse Papa se reposer un peu et file à Balard avec la poussette, par le métro, pour y réceptionner nos billets d’avion, car Erwan a 1 billet ! Si, si ! L’armée a payé près de 4000 Frs, la moitié d’un billet adulte, mais il ne peut rien emporter pour le voyage et n’aura pas de siège dans l’avion !! J’apprends qu’il aura tout de même des "repas bébé" ...

 A Balard, sur la base de l'Armée de l'Air, c’est le 15 août, donc il n’y a presque personne dans les couloirs…

Je trouve enfin l’étage et le couloir désirés, et vois par une baie vitrée 2 personnes à qui je vais demander mon chemin, pas le temps, l’adjudant quinquagénaire présent nous voit et tonne par la porte :  

-Tiens, voilà les Kéké !!

Je reste légèrement saisie… Ciel, mon mari est connu comme le loup blanc ici aussi ...!!! La petite sergent à ses côtés me rassure en riant elle aussi et ils nous saluent, en expliquant que le Kéké « a signé » son petit bonhomme dans la poussette, c’est clair comme de l’eau de roche !! Je réceptionne nos billets, et repars enfin rue de ma Grand-Mère. Puis nous partons à Orly, pour un décollage prévu à 19 h 00…

 

C’est alors que les choses se compliquent….

 Nous faisons la queue pour enregistrer nos bagages, 2 à 3 heures d’attente, pendant que le grand père fait des allers-retours dans le grand hall avec la poussette en chantant d'inombrables souris vertes à son petit fils qui voudrait bien sortir de là… J’apprend, quand c’est enfin mon tour, que notre avion a un problème technique ; ils prennent nos bagages, mais on ne décolle pas ce soir et devons revenir le lendemain matin pour décoller à 11 h 00… MAIS ! qu’en dédommagement, on peut être indemnisés de 1000 Frs chacun… à condition de refaire la queue…… « là-bas » !!! Et je vois une file interminable encore !!!

Je m’y colle, en me disant qu’on mérite ces 2000 Frs, y a pas de raison, que je suis coriace, et que ça servira !! Papa redouble de patience, j’admire, puis nos sous en poche, nous rentrons pour une nuit supplémentaire sur Paris. Pointage des packs de lait pour les biberons du voyage qu’on commence à entamer, mince, je descends chez l’arabe du coin, qui me reconnaît 3 ans après, et me salue, lui prends des réserves, je me méfie des promesses de la compagnie aérienne pour les repas bébé, Erwan a 15 moins, pas 6 ! Il mange le bougre ! je prend donc plus de lait que prévu…

La nuit, Erwan se réveille en pleurs, hurle de douleur avec grosse fièvre, j’angoisse de réveiller les voisins âgés, je sais qu’il y en a, et  découvre que le petit perce sa 1ère prémolaire, ça tombe pas trop bien mais faut faire avec ! Câlins, berçages, massages des gencives, je profite d’une « accalmie sonore » pour téléphoner à Patrick puisque c’est la journée là-bas… manque de chance personne ne décroche dans son bureau, même après plusieurs tentatives…

Ce que j’ignore encore, ne maîtrisant pas tout à fait le décalage horaire, c’est que c’est le 15 août là-bas aussi, donc personne ne travaille !

 

Le Vol…

 Au petit matin, re-départ pour Orly, Papa nous pose pour de bon cette fois, et nous voilà partis, tous un peu naze faut l’avouer ! On me laisse la poussette jusqu’à bord, c’est assez cool, et on s’installe, place de gauche de la rangée du milieu, avec une hôtesse très gentille qui nous cocoone !

  Décollage calme, un peu écrasés au siège : et oui, nous avons le même siège, Erwan et moi ! Je comprend soudain pourquoi l’Armée a payé 4000 Frs : pour un morceau de ceinture de 50 cm de long, qui se raccorde à la mienne, ne laissant au petit que 10 cm devant son nez face au siège de devant…. « ça c’est de la sécurité !!! je devine que cette somme sert aux assurances….sont gonflés !!! voudrais les y voir !!! » …

Et encore, je n’ai rien vu, justement !!! L’hôtesse déplace aimablement mon voisin de droite, pour qu’Erwan s’étale un peu, après le décollage.

Les heures passent, Erwan ne veut pas dormir, je le fais marcher un peu, tente de le garder « silencieux » pour ceux qui dorment, et découvre les repas bébé promis par la compagnie…. C’était bien la peine que je les appelle 4 fois avant le départ pour leur rappeler son âge, donc son appétit… ! On m’apporte un petit pot de carotte de 120 gr en guise de repas pour lui !! Il frétille en voyantmon plateau repas, dédaignant royalement son petit pot ! Je m’en doutais un peu, mais j’avais fait confiance à AOM… Ben, j’aurais pas dû !!!

 Me voilà privée de repas, je ne vais pas manger devant lui et le laisser crier famine ! Reste que j’avais prévu tous les biberons des petits déjeuners, et heureusement !!! Ca faisait lourd dans le sac de cabine, toutes ces briques de lait blédina, avec les couches et tenues de rechange, en passant par les biscuits pour les dents et les jouets pour passer le temps…

Bref, le voyage jusqu’à Los Angeles est long, fatiguant, insomniaque, mais je ne me plains pas trop car j’ai 2 places et l’hôtesse me relaie de temps en temps pour que je me dégourdisse un peu le dos et les jambes ! Une jeune femme derrière moi se propose également, elle s’appelle Karine, elle va aussi rejoindre son mari sur la même base, on s’est vues la veille du départ, dans l’aéroport…

Par ailleurs, je réalise que je vis quelque chose d’assez peu ordinaire : la météo est magnifique et nous « courons » après le coucher du soleil, vers le sud ouest, avec une vue splendide sur la grande bleue ! Survoler l’Angleterre m’indiffère un peu, de toute façon on ne voit rien, mais passé l’Irlande, on va admirer des icebergs « minuscules » et lumineux, puis l’océan et le Canada en diagonale, les Etats-Unis avec des champs immenses, de grands carrés colorés ocres puis verts ou bruns, le grand canyon, rivière minuscule dans un décor gigantesque, que c’est beau ! Nous volons si haut qu’on dirait des photos satellites ! J’en perds mon souffle, heureusement Erwan me rappelle à son bon souvenir régulièrement….

Nous arrivons aux « States », avec soulagement, on va sortir un peu !!! Mon 1er atterrissage, il fait 30°, et il est 15 h 00 locales. On va sortir par des ponts couloirs climatisés, mais on ne me rend pas la poussette qui est partie en soute, et nous devons prendre tous nos sacs de  cabine, en cas de vols pendant le ménage de l’escale… Me voilà à charger le sac en vrac, le petit sur 1 bras, le sac sur l’autre et je sors la 1ère, les mamans d’abord, me faisant doubler par tout le monde rapidement vu les poids sur mes bras… des couloirs interminables, où j’essaie de ne pas perdre de vue les passagers voisins, car je ne comprend pas grand chose aux voix des hauts parleurs, foutu accent amerlock !   

Des tapis roulants maintenant, comme à Montparnasse, mais en 3 fois plus longs, où les gens marchent et vite, alors qu’Erwan décide qu’il est fatigué et ne veut plus avancer, mon sac me scie l’épaule, et je vais perdre les autres de vue, avance Erwan, allez, il repart dans le mauvais sens, je suis fatiguée, je le rattrape, il râle en faisant des vocalises disgracieuses et se tortille, je m’excuse du regard auprès de ceux qui me doublent, il est claqué aussi, le pauvre, ça fait bientôt 48 heures qu’il n’a pas dormi… moi non plus d’ailleurs….

Mais qu’eeeest-ce queuu j’ fouuus lààààà… .

On arrive enfin devant une porte vitrée, et devant, une femme de 45 ans, en uniforme genre serveuse de bar texan comme dans les films, en blanc et liseret rouge, pantalon mal coupé blanc pas trop à son avantage, blonde platine en carré long, décolorée c’est flagrant, mais d’un regard froid et creux qui me glace un peu… ça tombe bien avec la suée que je viens de prendre, j’apprécie déjà juste le fait que quelqu’un me regarde, se penche sur moi !!! Pas de bol, aucune compassion de sa part, juste un « tickets, now ! » même pas « please », rien, juste sa froideur et ses bras croisés… Ben, me..de, j’ai chargé le sac en vrac, et les billets oui, mais les tickets d’embarquement , beeennn….

doivent être au fond du sac…Erwan se tortille, couine, veut partir courir, je ne le lâche pas, tout en fouillant d’une main, il me tire sur l’autre bras pendant que je vide la moitié du sac au pied de la plantonne, qui ne décroise pas les bras, et répète ses 2 mots comme si elle ne connaissait que ceux-là ; je trouve le mien, mais celui d’Erwan est planqué quelque part, et pas là où je cherche…Erwan tire, se tord, commence à crier, je renverse mes affaires, me fais mal, les larmes me montent et je demande à la femme de me tenir le petit le temps de…elle ne bouge pas et répète encore son p…in de « tickets, now » …

Il est beau, mon rêve polynésien...

Là je pleure quasiment, coince le petit sévèrement sous mon coude, tant pis s’il hurle à la mort, m’en fous, elle a qu’à m’aider cette c…e, c’est vrai quoi, sont vraiment inhumains ces américains, ça les étoufferaient de tendre la main à un autre qu’un pu…n d’amerlock, tout ça à haute voix puisqu’elle me laisse entendre qu’elle ne comprend pas le français….

A ma volée de gros mots, elle verdit, et je comprend qu’elle comprend….

-" Bien fait, faut jamais mentir !!!"

Mais qu’eeeest-ce queuu j’ fouuus lààààà… .

Merci mon Dieu, je trouve enfin le dernier ticket, le lui balance, puis rentre dans la salle de transit la dernière, épuisée, pendant que le gorille platine nous enferme à clef dans sa cage de verre…

 J’y retrouve les passagers, découvre des WC, des rangées de fauteuils plastiques inconfortables, et HO ! un duty free, chouette !! je vais dépenser mes 2000 Frs, ça va me soulager les nerfs aussi vite que le portefeuille, c'est dire si je ne suis pas rancunière ! Je commence par tenter un brin de toilette pour Erwan, cherchant un lavabo, et ne trouve que des cuvettes avec un jet montant, « pour l’hygiène » y parait !! Ben à par lui laver les fesses, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose, et pour boire comme eux je m’arrose le décolleté ! Gagné ! Nul, ce pays, ça se confirme ! Je nourrit le petit, et repère ensuite quelques bons whiskies au duty free ; je sors mes billets français, ah non, on ne prend que les dollars, sorry ! qu’à cela ne tienne je sors la carte bleue, et non !! elle n’est pas internationale !!Rhaaaa, mon mari, mais à quoi t'as pensé ????

J’enrage, ne trouve personne pour échanger dollars contre francs, forcément, et vais m’asseoir avec cette fois une sale rancœur au fond de la bouche…. quel sale goût, ce pays ! ….vivement qu’on s’casse !

2 heures après notre arrivée en salle de transit, on repart, mêmes couloirs et mêmes tapis, ou presque, et mêmes places dans l’avion ! OUF, un truc de familier ! Le problème pour moi est qu’on embarque aussi des passagers supplémentaires, Erwan manque de se faire assommer par un ado américain, enfin par son surf qu’il ne veut pas mettre en soute et trimbale dans l’allée entre les sièges… « Notre » siège de droite est attribué à quelqu’un, pas de chance, les 12 prochaines heures seront sur un siège pour deux…. Nettement plus serrés, je tente d’installer Erwan au mieux sur mes genoux, le re-dope à l’homéopathie sans grand espoir d’efficacité, et prie pour qu’il s’endorme…

 Il ne dormira  pas beaucoup sur ces 22 heures de vol, râle beaucoup, met des coups de poing devant et des coups de pieds sur le voisin qui dort un peu, lui, quel bol il a… Une hôtesse m’impose de mettre la ceinture d’Erwan à chaques turbulences…donc gesticulations et cris aigüs… Celui-ci pille mes plateaux repas sans vergogne, boudant toujours les petits pots, et la douce hôtesse qui n’est plus là… !

J’aperçois un peu la cordillère des Andes, , ce que c'est beau... et calme... et je découvre qu’Erwan s’endort presque dans mes bras, pourvu que ça dur ! Karine me propose en passant de me relayer, je décline gentiment, puisqu’il dort, je ne veux pas bouger…

Des turbulences encore, et le dragon revient à la charge pour son bout de ceinture : cette fois je l’envoie paître, poliment mais clairement, la sommant de rendormir le petit si ça le réveille, et vu le brin qu’il a mis depuis le départ, elle abandonne et nous laisse enfin en paix… Il gémit dans son sommeil, mais « dort » près de 4 heures, dans le noir, les hôtesses ayant mis des films sur le grand écran, j’arrive même à attraper mes écouteurs  et m'octroie ce luxe ! Quelques heures de pause… avec les bras en compote !!!

Le chariot de boissons piloté par le dragon bouscule soudain mon coude, je n’arrive pas à éviter le réveil d’Erwan, mais il ne reste plus que 2 heures de vol, courage… Le micro du pilote nous annonce enfin qu’on va arriver à Tahiti, il est 20 h 00 heure locale, 8 h 00 du matin pour mon cerveau, et je n’ai pas dormi depuis 3 jours !!! Le temps d’un léger décrassage dans les toilettes de l’avion avec le petit, je le change et le lave, et me prépare à l’arrivée. La descente s’amorce et je me surprends à murmurer au petit ceinturé hurlant "qu’on va voir Papa, que c’est Fini ! On arrive enfin !"

Et les larmes me coulent des yeux, en gros sanglots contenus dans les bouclettes de mon fils…. l’émotion d’en voir enfin le bout…. Voilà, on pose les roues, on sort enfin, les premiers encore, il fait nuit, les bagages à récupérer, j’ai trouvé un chariot, pose Erwan dans le panier les genoux remontés sous le menton il ne dit rien, comprend que ce n'est pas le moment, je prend nos valises, et nous sortons enfin…….

 

Il est là, tout ému, accompagné de quelques collègues et amis.

Le petit et moi sommes abrutis et écrasés de fatigue et de chaleur, cette lourdeur humide, puis soudain des embrassades et ce parfum... Ha ! ce parfum... Jamais je ne pourrai l'oublier... Le parfum de cette petite étoile blanche, si enivrante dans l'air du soir, ce parfum si fin que je me sens toute détendue, abandonnée dans une sérénité nouvelle, passive et éveillée de mille sens à la fois... Mon premier collier de fleurs, TIARE ce gardénia simple en fleurs et en boutons, mon premier contact, mon plus cher souvenir...

Bercée par ce doux parfum j'aperçois à peine mon homme filer au travers de la douane sans éveiller la moindre réactions chez les gardes, et revenir peu après avec la poussette dans les bras... Ha oui, c'est vrai, tiens... Nous nous engouffrons ensuite dans une Fiat Uno blanche, et mon petit dans les bras, je vois vaguement défiler dans le noir de la nuit quelques silhouettes de feuillages étranges, une crête de montagne juste au dessus, et me surprend à voiloir être déjà demain, pour tout découvrir...

 

 

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16 août 2000

Niaou...

 

 

Arrivés de nuit, nous n’avons pas vu grand-chose du paysage ; nous logeons pour 8 jours à peine dans un joli faré (maison) temporaire, à Iorana Villa, à pk6 environ, sur la route de Punauuia, sur la côte ouest.

 

 

Ici, pas de nom de rue ou de route ni de N° , sauf en ville à Papeete : des points kilométriques (pk) partent de Papeete, soit vers l’est, soit vers l’ouest, et pour plus de précision, on dit « côté mer » ou « côté montagne »… de toute façon, les seules routes font le tour de l’île principale (Tahiti Nui), et celle-ci fait environ 60 km nord-sud…

 

 

Notre petite maison est typique, avec un toit de palmes Niaou, (cocotier), qui conserve bien la fraîcheur, avec un jardin de terre battue et d’arbres tropicaux, des Tipanié (frangipanier),


 tipanié  blanc                  

  Fleur de tipanié blanc  

orangers, cocotier, bananiers…. et nombres d'arbustes aux fleurs dépaysantes… Une végétation luxuriante et très colorée ! Voilà mon premier aperçu, le premier matin ! J’ai hâte d’en voir plus sur l’île ! Ca va me plaire, je crois…

Une flopée de poules sauvages va nous tenir compagnie…Elles se nourrissent de quelques miettes des goûters du petit et de diverses bestioles que je ne cherche pas trop à découvrir… genre cafards ( AAAAAHHHHHH !!! ) tropicaux de 5 cm de long… (Ma hantise, ma terreur pendant plusieurs mois !!!)

le jardin est un vrai terrain de jeu pour Erwan, pendant des heures, il en revient sale comme un goret , et prend 2 à 3 douches par jour ! Nous qui vivions en appartement depuis sa naissance, le laissons découvrir sa neuve terre avec indulgence...

 

 

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22 août 2000

Tiaré...

Nous intégrons enfin notre faré définitif !  à Fa’aa. Déballage des cartons… Patrick prend sa journée pour m’aider.

Le toit est fait de tôle, mais l’intérieur est refait à neuf (d’où le retard) ! Les murs sont blancs, les tissus du salon à dominante ocre, les fenêtres équipées de moustiquaires, et pas de volets ! Meubles en pin clairs… ça me plait !

 Le jardin est dans le même genre que celui du premier faré, très tropical, mais avec cette fois un semblant de gazon, du chiendent en réalité, qui rampe au ras du sol en formant de drôles d’étoiles vertes…

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La terre est volcanique donc très noire… donc très fertile ! Y a qu’à regarder autour de soi ! Je projette donc un petit potager derrière la maison… J’avais emporté quelques graines...

Je découvre avec ravissement que le petit arbuste devant notre terrasse n'est autre qu'un tiaré, aux épaisses feuilles vernies et aux boutons délicatement enroulés...

Je m'enivre de parfum avec béatitude...

 

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24 août 2000

Courrier...

Je me pose un peu, et prend le temps d’écrire à la famille, aux amis proches…tant de choses à raconter, et je ne sais par quoi commencer !

 Tout est si différent ici, qu’il est dur de rendre cette impression de dépaysement si forte à ceux qui n’ont jamais vu les tropiques… J’ai bien fait de faire un journal illustré !

 Dès le réveil de la sieste, Erwan va jouer au jardin, explore cette jungle idéale, quoiqu’un peu vaste à son goût…

  

La haie du jardin est composée d’hibiscus rouges, très rustiques ici…

Ils sont taillés à la machette par les locaux sans état d’âme, tout comme le laurier rose ou autres plantes plutôt fragiles chez nous… Je pense à ma tante Anne Marie et son laurier rose qu’elle rentre tous les hivers de sa terrasse parisienne avec mille précautions… et au mien ici, devant la maison, qui dépasse le toit , et que j’ai raccourci sur un coup de colère à force de me prendre ses branches dans la figure… Autres lieux, autres climats...

 

 

 

 

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26 août 2000

Premier diner...

Nous recevons les voisins et amis pour les remercier tous de leurs aides à notre arrivée, dépannages en tous genres , même garde-meuble, au beau milieu dusalon du chef de Patrick, le temps d’avoir notre maison définitive…

Maururu !! Merci à tous !

Menu mi-local, mi-français, avec salade de fruits au dessert, histoire de découvrir ce qu’offre ce pays… salade dans une pastèque, avec un petit lampion chinois pour décorer…. effet garanti, mais qu’est-ce que c’est long à épépiner, une pastèque !!!

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